Petite histoire (vraie) d'un Château Jaune

Mis à jour : 8 nov. 2019


Je vous raconte la signification du Château Jaune en couverture de mon roman "Lachaon n'est plus parfait"! Le tome 1 des Chroniques du ParfaitMonde.

Pouvez-vous penser à une œuvre qui a véritablement changé votre vie ?Notamment lorsque vous étiez adolescent(e) ?


Pour moi, c'est à la seconde (pas la classe mais l'unité de temps) : le film "Les Chaussons Rouges" (1948) par Michael Powell et Emeric Pressburger.



Affiche de 2008

Il y a la version terre-à-terre :

un jour de 2009 à la médiathèque de ma ville, je trouvai un mystérieux DVD à la pochette plus qu'attirante pour moi, balletomane qui découvrait une photo de chaussons de danse rouges, de danse classique qui plus est...


Ou la version fantasmée : ce film était la porte d'entrée de mon Château Jaune.


Les Chaussons Rouges (ou Souliers Rouges) est d'abord un conte de Hans Christian Andersen

racontant la descente aux enfers d'une petite fille qui n'a pas résisté à la tentation de porter les chaussons rouges que toutes les conventions lui interdisaient de revêtir. Maléfiques, ils l'emmènent alors dans une danse endiablée qui ne peut s'arrêter que si elle les enlève. Malheureusement, le sort est irréversible. Il lui faut alors trancher ses deux pieds pour pouvoir de nouveau goûter à l'immobilité et la repentance. Je crois que vous comprenez pourquoi ce conte est moins connu que la Petite Sirène.


Le film raconte alors la création d'un ballet inspiré du conte par la compagnie de danse Lermontov. Victoria Page, une danseuse très ambitieuse, se fait remarquer auprès du directeur de ballet et finit par obtenir le premier rôle dans la prochaine création originale de la compagnie : les Chaussons Rouges. Mais à quel prix ? La frontière entre le personnage de Victoria Page et le rôle qu'elle incarne sur scène s'efface jusqu'à se demander si tous les artistes ne seraient pas, à l'image de la petite fille du conte, condamnés à enfiler et garder au pied les fameux chaussons jusqu'à épuisement, voire la mort.

Scène d'ouverture du ballet

Mais la symbolique du Château Jaune est né d'une scène bien antérieure à ce dénouement.


Scène qui n'est pas ma préférée mais qui m'a marquée inconsciemment, celle où Victoria Page se voit annoncer sa promotion, de simple coryphée à danseuse étoile, tête d'affiche d'un tout nouveau ballet presque créée spécialement pour elle. À la suite d'un mystérieux message de Lermontov la convoquant à le rejoindre dans un endroit secret, elle saute dans une voiture et se retrouve au pied de marches menant à un château envahi de végétations tous azimuts.

Sa montée des marches, son pas hésitant, sa tenue de princesse effarouchée, son émerveillement à peine dissimulée, son audace aussi, tout m'interpelle.

Le Château Jaune vivait déjà dans mon esprit avant que je découvre ces images mais il prit une toute nouvelle signification, définitivement plus claire et vive. Car je regardais Victoria Page courir vers son Château Jaune. Moi adolescente était devant l'écran, moi écrivain écrivait déjà, dans une frontière plus que floue avec mon personnage, Lachaon. Le va-et-vient entre le fantasme et la vie réelle que le film met en scène, je l'expérimentais moi-même et découvrais que la "vie d'artiste" devait sûrement se vivre ainsi.


Petite parenthèse : c'est aussi le thème de prédilection du réalisateur Terry Gilliam (et ancien membre des Monty Python !), notamment dans ses films "Brazil" (1985) et "L'homme qui tua Don Quichotte" (2018) aux protagonistes obnubilés et guidés par leurs visions de rêve. Folie douce ou fièvre héroïque, ils vivent leurs destins exceptionnels dans la réalité ou dans leurs têtes, c'est au spectateur de décider le plus souvent.


Le Château Jaune est alors la preuve physique qu'une autre vie existe, que la vie rêvée existe, qu'elle est accessible. Victoria Page voyait apparaître devant ses yeux le lieu enchanté où les plus grands artistes du monde de la danse se rassemblent pour créer les prochains spectacles à succès. Elle s'apprêtait à en faire partie. Lachaon, lorsqu'il rencontre ce château si étrange surplombant le ParfaitMonde, que personne ne semble remarquer excepté lui, exerce pour la première fois son imagination pour concevoir l'autre vie qui doit être la sienne. Car ça ne peut pas être que ça, la vie. Ça ne peut pas être parfait, et puis c'est tout. Le Château Jaune témoigne alors d'un mode de vie, d'habitudes, de passions, de finalités, de valeurs, qui ne peuvent que les siennes, strictement siennes.


Oserez-vous franchir le portail, monter les marches jusqu'à lui, le laisser raconter son histoire qui pourrait bien devenir la vôtre ? Une histoire en-dehors de la perfection ?


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© 2018 by Ines A.

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