Les voeux du ParfaitMonde pour 2020

Bon j’aurais pu faire dans l’ironie puissance 1000 et vous souhaiter pour 2020 joie et bonheur infini dans le ParfaitMonde.

Mais je préfère être franche et directe, c’est trop important ! et pardon de paraître un peu sentencieuse dans ces lignes, c’est sûrement un effet secondaire de la solastalgie.


Difficile d’accepter l’irresponsabilité de notre mode de vie que personne ne semble avoir vraiment choisi…

L’année 2019 a été riche en enseignements divers pour moi et j’en suis arrivée à synthétiser toutes ces prises de conscience dans ce concept d’irresponsabilité de notre société. Nous vivons dans un monde d’irresponsabilité totale envers la terre et la vie en général. Nous sommes au sommet de l’évolution et pourtant incapables (ou peut-être trop capables et donc dans le déni) de prendre conscience de l’emprise que nous avons sur la nature et les calamités que cette emprise engendre. Nous poursuivons des buts certes communs mais totalement irresponsables, aller plus vite, plus loin, plus beau, plus complexe, plus fort, plus pratique, plus nombreux, sans considérer les impacts et les accélérations incontrôlables que cela implique pour soutenir les promesses initiales.

Nous bâtissons un ParfaitMonde domestiqué à souhait sur des cadavres d’animaux, de plantes, d’arbres, de vers qui ne reviendront plus jamais à la vie; et des combustions irréversibles d’hydrocarbures dont la pollution stagnera des décennies dans l’atmosphère.

Nous avons appris à vivre irresponsables, et à trouver cela normal. C’est même plus simple physiquement et psychologiquement d’être irresponsables avec les autres, plutôt que respectueux de l’environnement seul.

Faire le deuil du ParfaitMonde, de l’avenir plus confortable et facile à vivre avec plus de croissance et de marchés, du progrès technique idéalisé, voilà ce que je nous souhaite pour 2020 (et au-delà).

Comprendre que nous ne sommes pas égaux et libres dans le ParfaitMonde malgré toutes ses promesses. Nous sommes surtout esclaves de la technologie qui assurent notre confort et notre sécurité, et prisonniers de ceux qui la maîtrisent et la commercialisent.

Accepter que nous ne le serons jamais (libres) et que c’est peut-être le secret de l’Univers.

Accepter la retraite à points (voilà pour la blagounette).

Accepter les limites, tout simplement pour organiser l'après-perfection.

Et trouver les portes du Hors Limite, oser les franchir, puisque seules notre imagination, notre intelligence et nos émotions peuvent l’être.

Bonne année 2020 pleine d’espérance et d’infinis imaginaires !


Inecella

© 2018 by Ines A.

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