L’indulgence

Mis à jour : 8 nov. 2019

envers autrui, envers soi-même

Fléau de l’art contemporain, responsable de la « baisse de niveau »

Possible



Chaque écrivain (mais ça ne concerne pas qu’eux) doit apprendre à doser son indulgence sur ses écrits. En matière d’arts, il n’existe ni absolu, ni qualité, ni valeur-travail, ni vite fait bien fait. Il n’existe pas de justice, de productivité, de mérite. Un chef d’oeuvre peut naître en quelques secondes, on peut mettre des années à accoucher d’une sombre insulte à l’intelligence humaine. Et encore, je dis chef d’oeuvre parce que le mot existe dans le dico, sinon… S’interroger sur la valeur intrinsèque de ses écrits n’aboutit qu’à de profonds vertiges. Alors on attend les commentaires des autres, les jugements, les avis; en vérité, ce n’est qu’indulgences diverses qui s’expriment pour vos défauts, vos non-dits, vos rêves d’expression magnifique. J’espère avoir une jauge d’indulgence plutôt limitée et me fais confiance pour reconnaître lorsque ce que j’écris est mauvais. Mais il m’arrive de me dire « oh il y a des choses bien pires qui ont été publiées, alors ça va ». Très mauvais raisonnement, vous en conviendrez. Pour retrouver une certaine sérénité et exigence au sein de l’art contemporain, j’aimerais que soit bannie également cette excuse : « vous me reprochez de ne pas aller assez loin, mais en même temps ce n’était pas mon intention ». Ah, tant mieux. Pour moi, il faut tout attendre d’une oeuvre, qu’elle vous change la vie, qu’elle dure plus que la vie elle-même. Mais si ce n’était pas votre intention…


« La nuit, je ne crois qu’en mes rêves » Nemir, Demain

Trop d’indulgence… Trop d’exigence est au moins tout aussi absurde. Ce serait confondre art et industrie du divertissement mais bon, je crois qu’il est trop tard pour essayer d’imposer cette distinction. Art et culture également. La culture, c’est trop large, trop englobant. Je me souviendrai toujours de ce conservateur de musée qui constatait un peu cyniquement qu’aujourd’hui, tout est expérience et qu’on se rend au musée comme on se rend à Sephora. Ce même conservateur quittait son poste un mois après pour être responsable du mécénat au sein d’un grand groupe. Faut-il se réjouir de cette désacralisation du musée ou s’en méfier très fortement ? Parfois, j’ai l’impression que tout est dit. Parfois, je me dis avec un certain enthousiasme, non c’est incomplet, « c’est incomplet sans moi ». Malheureusement, on ne peut pas sortir de soi-même; alors l’indulgence ou la condamnation se feront toujours par rapport à soi et pour soi. On ne sait jamais à quel point l’écrivain est seul avec lui-même sans en connaître soi-même la situation. Alors j’aimerais dire à toutes ces personnes qui en forment la communauté, (instant émotion) n’ayez pas peur de vouloir changer la vie des autres (et pas forcément la vôtre). Je n’ai pas trouvé meilleur moyen pour parer une trop grande indulgence pour cette activité des plus aléatoires.


Facebook : https://www.facebook.com/inecella

Twitter : https://twitter.com/inecella

site : https://www.ines-et-leschroniquesduparfaitmonde.com/

Les Chroniques du ParfaitMonde en livres :

Amazon : https://www.amazon.fr/dp/B07658R2CP

Apple : https://itunes.apple.com/fr/book/lachaon-nest-plus-parfait-chroniques-du-parfaitmonde-t-1/id1442811333?ls=1&mt=11

42 vues

© 2018 by Ines A.

  • YouTube - Gris Cercle
  • LinkedIn - Gris Cercle