On ira tous au ParfaitMonde, on ira 
La perfection est-elle écologique
 
Le geste parfait et écologique existe-t-il ? 

Document d'origine inconnue

La personne parfaite est entièrement connectée à son monde et à son époque, par un lien essentiel car c’est la société qui l’a forgée. Elle est toujours parfaite par rapport à un idéal partagé par tous et n’est donc rien sans le collectif. Or, l’écologie, le respect de l’environnement interrogent justement notre rapport au collectif, et la connexion qui existe entre le destin individuel et le destin collectif. La personne parfaite ne voit pas l’autre comme individu mais comme partie d’un tout lui étant semblable en tout point. L’écologie suppose de changer son comportement non pas pour soi mais pour les autres, la personne parfaite en est-elle donc capable si les autres ne sont finalement que des clones, des « autres elles-mêmes » ? Quels sont les enjeux de l’écologie sans dilemme entre comportement (parfait) individuel et conséquence pour la planète et l’humanité ? 

  1. La perfection est une non-morale.

 

Ce que la personne parfaite dit ou fait est ni bien ni mal, mais parfait. Il n’y a plus de discussion ou de raisonnement éthique à établir. Cette évidence incontestable de la perfection participe à la culture du consensus (cher aux Madfix). La personne parfaite obéit à des règles préétablies, des normes, des conventions comme nous en connaissons tous en société néolibérale, mais elle a de plus cette absence totale d’esprit critique à faire pâlir les plus grands ritualistes. La perfection représente tout ce qui la lie aux autres. La perfection reste inchangée face au dérèglement climatique, au ciel qui s’assombrit après le passage de la modernité. Il faudrait un bouleversement tel, consensuel et instantané dans les comportements, pour que la personne parfaite daigne redéfinir sa propre perfection. Et...

2. La nature n'est pas parfaite. 

Dans un ParfaitMonde, nous l’avons dit, la différence entre l’individu et le collectif n’existe plus. La personne parfaite agit autant pour les autres que pour elle-même. La moindre activité, par exemple prendre sa voiture pour une sortie familiale, comporte son aspect purement personnel (profiter du beau temps, s’aérer, faire plaisir à sa famille) et son aspect altruiste (respecter le code de la route, faire marcher les commerces en dépensant son argent, participer à la convivialité d’un lieu autre que son chez-soi). Mais penser au rapport à la nature, à la conséquence invisible, la personne parfaite n’est pas faite pour ça. La perfection doit être visible, instantanément et incontestablement, et rencontrer une approbation unanime par les autres. Nous ne savons pas mesurer le bienfait de chaque geste voué à respecter voire assainir la planète, il y a une croyance, un doute qui doit s’installer et nous animer, et c’est incompatible avec la perfection. Le geste parfaitement écologique existe-t-il ? 

Que restera-t-il de notre planète lorsque le ParfaitMonde aura tout rendu parfait?

 

 

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© 2018 by Ines A.

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